La Nature en Vendée

 

 La Nature en parler vendéen d'autrefois - Vendee-Nature © 2003

 
 

 Abernotte (reproduction interdite)

Abernotte : n.f. Conopode dénudé (conopodium majus ).
Plante de la famille des ombellifères (comme la carotte, le persil et les ciguës ) commune en Vendée. Elle possède un tubercule comestible qui, jusque dans les années 50, a largement été consommé par les enfants de la campagne.

Boursette : n.f. Mâche (valerianella locusta ).
Autrefois, cette petite salade était plus souvent ramassée dans la nature que cultivée.

Fragonnette : n.f. Fragon, petit houx (ruscus aculeatus ).
Sous-arbrisseau à feuillage persistant se développant dans les sous-bois et les buissons, à l'ombre des grands arbres. L’espèce est encore commune en Vendée malgré la destruction généralisée des anciennes haies.
On s’en servait jadis pour fabriquer des balais surtout destinés aux travaux rustiques ( nettoyage des étables, des écuries etc.).


Fragonnette (reproduction interdite)

Grenovelle : n.f. Rainette, grenouille*.
Probable contraction entre « grenouille » et « nouvelle ».

Erunde : n.f. Ronce*.
L'usage de cette plante ne se limitait pas à la cueillette des mûres. Sa tige entrait dans la fabrication de nombreux ouvrages de vannerie. Pour ce faire, elle était préalablement débarrassée de ses aiguillons et fendue longitudinalement en plusieurs quartiers.
La partie centrale, trop moelleuse, était ensuite ôtée.
Avec ces étroites bandelettes d'écorce de ronce, Le vannier ligaturait puis assemblait des faisceaux de pailles (de seigle, surtout ) pour confectionner divers types de paniers sans anse, comme la guenotte, une petite corbeille de forme ovale, le jadaow qui servait à mettre la pâte à lever ou la bourgne, panier beaucoup plus haut que large, surtout utilisé pour stocker les céréales et les fruits séchés.

Grole : n.f. Choucas des tours, corneille noire ou corbeau freux.
Ce dernier a longtemps été chassé pour sa chair.

Herbe-à-fi : n.f. Chélidoine (chelidonium majus ).
Lorsqu'on coupe cette plante, il s'en échappe un latex jaune qui était utilisé pour faire disparaître les verrues (les fis en parler vendéen).
Ca et là, d’autres végétaux "à latex" ont été utilisés dans le même but (ex : le figuier).


Herbe-à-fi (reproduction interdite)

Jeudi : n. m. Grande sauterelle verte*.

Lachet : n.m. Ver de Terre.

Lavert : n.m. Lézard vert occidental (Lacerta bilineata ).
Inoffensif reptile que l’on peut rencontrer un peu partout en Vendée.


Lavert
(reproduction interdite)

Luma : n.m. Escargot, surtout le « petit gris » (cryptomphalus asperus ).

Mêle : n.f. Nèfle.
Ce fruit qui se mange blet était très apprécié des vendéens.
Le néflier est assez commun dans les haies et les bois du département.


Mêle (reproduction interdite)

Misotte : n.f. Mot employé dans le Sud Vendée pour désigner une graminée, la glycérie maritime ( puccinellia maritima ) ou les vastes prairies qu’elle constitue sur les vasières littorales.
Ces prés salés inondés à marée haute fournissaient un foin apprécié du bétail.

Pacre : n.m. Tique*.

Pérangouaïsse : n.m. Grande bardane (arctium lappa) ou bardane à petites têtes (arctium minor).
Ces plantes se caractérisent par la grandeur de leurs feuilles basales et par leurs capitules globuleux à soies terminées par un crochet.

Pipou : n.m. Pourpier (portulaca oleracea).
Originaire des régions tropicales, cette plante cultivée et subspontanée était surtout consommée en salade.

Potiron : n.m. Champignon*.
Dans certains endroits du département, ce mot pouvait désigner une espèce en particulier.

Prend-main : n.m. gaillet grateron (galium aparine).
Doit son nom à la présence sur sa tige de minuscules aiguillons renversés qui le font s’agripper à tout ce qui le touche.

Pupue (puput) : n.f. Huppe fasciée.
Oiseau migrateur roux et noir pourvu d’une huppe érectile.

Quenette : n.f. Petite boule de bois qui pousse dans les chênes et avec laquelle les enfants jouaient aux billes.
Il s'agit d'une forme de gale du chêne, excroissance développée par l’arbre en réaction à la ponte d'un insecte dans le bourgeon.
( La larve se nourrit et se développe à l'intérieur de cette enveloppe protectrice.)


Quenettes (reproduction interdite)

Roibertau : n. m. Troglodyte mignon.
Tout petit oiseau marron vivant volontiers à proximité de l’Homme.
Son chant est si puissant qu’il passe rarement inaperçu dans les jardins où il a élu domicile.
Dans certains dictionnaires de patois vendéen, Roibertau est malheureusement traduit par
« roitelet »; c'est une erreur, les deux roitelets présents chez nous (r. huppé et r. à triple bandeau) sont bien trop discrets pour avoir attiré l’attention de nos aïeux.


Roibertau (reproduction interdite)

Roberte : n.f. Mercuriale annuelle (mercurialis annua) ou mercuriale vivace (mercurialis perennis).
A la campagne, chacun devait impérativement savoir reconnaître cette plante qui est vénéneuse pour le bétail.

Rouave : n.f. Patience sauvage (rumex obtusifolius).

Rouche : n.f. Herbe aquatique de grande taille, à feuilles et à tiges érigées.
Ce terme pouvait designer un grand nombre d'espèces différentes appartenant à divers genres botaniques : joncs, iris, scirpes, massettes, carex, roseaux, etc.
Un peu partout dans le département, certaines espèces ont fait l’objet d’usages importants : rempaillage de chaises, fabrication d’ouvrages de vannerie, de cordes, calfatage des joints des tonneaux et des barques, etc.
Dans le Marais Breton Vendéen, la rouche servait notamment à couvrir les bourrines **. Dans ce cas, il s’agissait le plus souvent de roseaux ( phragmite australis ) et de massettes (genre typha ).

** Maisons traditionnelles maraîchines dont les murs étaient fait de blocs d’argile mêlée de végétaux.

Veson : n.m. Bourdon* (l’insecte) , bourdonnement.
Avec la même racine, on trouve aussi vousonner qui signifie bourdonner.

Vinette : n.f. Grande oseille (Rumex acetosa), espèce sauvage et cultivée.
Pour se désaltérer ou simplement s’occuper les papilles, Les enfants (et parfois les adultes) se coupaient une tige de vinette et la suçaient.

* toutes espèces confondues.
 

Quelques remarques :

1- Ces mots patois se prononçaient souvent différemment d'un endroit à l'autre du département.
2- La plupart des usages ethnobotaniques vendéens était aussi connu dans d'autres régions du monde.
3- Les noms français d'espèces ne sont accompagnés de leurs noms scientifiques que s'il existe un risque de confusion avec une espèce voisine.
4- Sans connaissance botanique approfondie, je vous déconseille vivement d'expérimenter les recettes alimentaires ou médicinales de cette rubrique.